Six Heures Avant Toi.

par Navo

Il est 6 heures avant toi, ici, à Montréal.
J’ai voyagé dans le temps. Je suis si tôt. Tu es devant. De grandes rues larges qui se croisent, on s’y retrouve au coin. Souvent, je marche tout seul tout droit et si je fais ça éternellement je n’atteins pas de bout. Ça ne s’arrête jamais. Montréal est ronde et plate comme la Terre.
Je marche seul tout droit et je pense à toi de l’autre côté. Si je plisse les yeux, si je regarde bien tout au bout de cette rue infinie, il y a toi en tout petit qui m’attends. Mais pour ça, il faut avoir de bons yeux. Il fait nuit chez toi en plus. Et puis, j’ai pas de bons yeux.

Je crois que j’arriverai jamais à bien décrire Toi. Ça sert à rien. On le sait déjà. Personne comprendra. Moi-même j’ai du mal à expliquer tout ça. Mais en creux, je vois bien comment je t’aime quand tu me manques. C’est bon le manque. C’est comme un silence où tu dis que tu veux réécouter tout ça. C’est une faim. Un rappel de comme c’est bon de te manger.

Montréal n’arrête pas de rire, de rassurer, d’apaiser. Montréal caresse mes pas de son bitume calme, ses bâtiments de briques rouges me croisent lentement. C’est un bon gros monstre gentil qui m’enlace et me réconforte. Il est 6 heures avant toi.

Cachée dans le futur, tu sais déjà qu’il va faire nuit quand je passe sous le Soleil. Tu sais déjà qu’un nouveau jour va venir quand je me perds sous la nuit. Bientôt ce sera la course. J’embrasserai le ciel. Je reviendrai de tout ce tôt qui nous sépare. Au dessus de l’eau je vais accélérer jusqu’à ce que nos petites aiguilles deviennent parallèles.

Et il y aura tes bras.

Il est 6 heures avant tes bras et tout mon monde décalé va se raccrocher comme il faut à Toi. Et peu importe l’heure qu’il sera. Ce sera le bon temps.

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