Danse.

par Navo

Quand il petit pleut sur Paris, ses trottoirs et ses feux. Quand de longs reflets verts et rouges s’étendent sur le gris. Quand les nuages sont bas, que les senteurs se lèvent. Quand tu préfères dégouliner qu’être parapluiée et que moi je souris et que la foudre tombe en coups et n’en finit jamais.
Toi, tu dansais pour ne pas mourir.

Quand le froid est partout sauf dans le nid. Quand la neige aplatit les bruits. Quand la buée des fenêtres et puis celles de mes yeux. Quand tu caches tes oreilles et que moi je souris et que le mordant n’en finit jamais.
Toi, tu dansais pour ne pas mourir.

Quand les camélias, les rosiers et les autres. Quand tout chante à nouveaux, tout renaît, rien n’est mort. Quand ta couronne inverse l’ordre du paysage : les fleurs de tes cheveux, en dessous ton regard ciel, en dessous ton sourire rayons. Et que moi je souris aussi et que ce qui éclot éclot en moi et n’en finit jamais.
Toi, tu dansais pour ne pas mourir.

Quand le Soleil étire de grandes ombres sur les murs blancs, quand les crocodiles sont remplis d’air. Quand comme Lui derrière la mer, je finis chaque nuit bien rangé contre toi. Tes poings serrés dans mes poings et ton souffle et ta peau. Et que moi je souris et que la chaleur se diffuse en moi et n’en finit jamais.
Toi, tu dansais pour ne pas mourir.

Quand je croyais lire des poèmes, c’étaient des requiems.
Et maintenant que toutes les pièces s’éteignent une à une.
Les arcs-en-ciel abandonnés sur le sol.
Quand je ne te vois plus danser. Quand je meurs de ta mort.
Maintenant que tout s’arrête, que tout s’achève.
Je ne suis plus que ce truc au bout de mon ombre.
Et toi, tu meurs de ne plus danser.

Et je ne suis plus que ce truc au bout de mon ombre.

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